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Atelier d’arts visuels à la médiathèque

Je peux voir tout ce qui se passe sur le chantier, j’habite à coté

Séance 1 – samedi 28 septembre 2013

vendredi 17 janvier 2014, par Antonia Lair, Léa Longeot

Les sept jeunes filles, toutes là au premier rendez-vous, impatientes de commencer : Bidia, Sétou, Hawa, Aïcha, Maëlys, Diaba et Séphora.
Stella se présente et décrit le rôle qu’elle aura lors des séances d’atelier.
Elle est stagiaire à l’association didattica dont elle resitue les actions qui ont eu lieu dans le quartier avec en commençant le Jardin des Fissures auquel avaient participé certaines filles.

S’étant déjà entretenue avec les filles auparavant, Stella les questionne : « Vous souvenez-vous de ce que l’on va faire ? » Les filles sont intimidées, Sétou finit par répondre : « on va travailler sur le chantier, visiter la rue et construire quelque chose. On construit le chantier ? ».


Photographies de Stella Napolitano

Première règle de l’atelier, qui sera valable pour toutes les séances : le « bâton » de parole. Quand quelqu’un a le bâton, c’est le seul à parler. On ne l’interrompt pas. Trouver un moyen simple de parler en groupe en écoutant tout le monde.

Diaba, intriguée par le sujet de l’atelier, reprend : « On va faire une maquette du chantier, un livre dessus avec plein de photos ? Je peux voir tout ce qui se passe sur le chantier, j’habite à coté. ». Bidia enchaîne : « Vous avez dit qu’on va faire le tour du chantier, et chercher à savoir à quoi servent les outils ? Qu’est-ce qu’ils vont construire ? ».

Stella répond : « On va explorer le chantier du square Roser, oui. Vous souvenez-vous de ce que vous avez fait sur ce terrain avant qu’il y ait le chantier ? ». Silence… Elle montre les photos de 2011 du Jardin des fissures. Cela parait loin pour les filles. Elles ne semblent pas se souvenir de l’expérience.

Stella explique le travail fait lors du Jardin des fissures : plantations, ateliers de fabrication de mobilier urbain, avec didattica, Auberfabrik, la maternelle Robert Doisneau, l’Office Municipal de la Jeunesse d’Aubervilliers (OMJA). Pour aider les filles à se rafraîchir la mémoire, elle leur montre des photos de situation d’atelier sur le Jardin des fissures, avant le chantier du square, tout en expliquant la notion de milieu urbain. Elle montre également des documents graphiques : le plan du projet urbain sur le quartier du Landy, avec le projet d’aménagement du square Roser, des photos du chantier actuel qu’elle pose au sol, en questionnant : « Qui se souvient de l’atelier que l’on avait fait ensemble sur le Jardin des Fissures ? ». Moment de silence, les filles sont absorbées par les photos.




Ca y est, Séphora se souvient : « De la peinture, des trous dans les bouchons ». Diaba continue : « J’ai peint une palette ».
Puis Stella présente le but de l’atelier de cette année : il s’agit de créer un témoignage de la transformation du quartier, se souvenir et transmettre un point de vue : « L’objectif est de créer ensemble une histoire photographique autour du square Roser. On va parler, écrire, dessiner, faire des photos et construire une histoire collective ».
Elle écrit trois mots au tableau : histoire, chantier, vous et votre histoire.
Une fois toutes ces explications données, Stella questionne les filles sur les changements liés au chantier, sur leur vécu du quartier, leur quotidien…
La bibliothécaire Sylvie Brondel, écrit les questions au tableau : qu’est ce que vous aimez faire dans la rue du Landy ?
Bidia commence : « J’aime jouer à chat, j’aime bien lire, je n’aime pas écrire et parler avec mes amis », Maëlys continue « J’aime jouer au terrain, jouer aux fées, aux sorcières, à la maman, au papa », Hawa « J’aime visiter le quartier, je visite le Landy, je regarde les maisons brûlées », Aïcha « Quand je sors dehors, je passe devant la bib, je regarde les maisons détruites, je passe au parc à coté », Séphora « Quand je sors dehors je pars appeler mes copines et je joue », Sétou « Parfois, je cherche mes amis, je joue à chat, cache-cache, devant la bibliothèque, le square, avant je jouais dans le square », Diaba « J’aime aller à l’OMJA, discuter avec mes amis, je n’aime pas que les gens me demandent l’adresse qu’ils cherchent, j’aime bien aller dans le parc, je vais tout le temps là-bas ».

Une fois lancées, les filles ne s’arrêtent plus, Stella précise le sens du mot émotion, puis questionne : « Depuis que le chantier a commencé, avant vous jouiez à la cité et maintenant ? Que ressentez-vous ? ».
Diaba répond : « Je suis énervée, je suis triste, c’est ennuyant à la cité », Maëlys « Si c’est ennuyant pourquoi tu joues là-bas ? », Diaba rétorque « Je ne vais pas rester chez moi ! ». Maëlys reprend « Je suis pressée que le chantier se termine, le sol sera lisse, on pourra jouer dehors. », Aïcha explique timidement « En fait, quand je passe devant le Landy, il y a un grand panneau, ils vont faire le parc ! »,

Maëlys s’enthousiasme « J’ai une proposition ! Le chantier des plantes, je veux encore des plantes qu’on partage avec la médiathèque et le centre. », Séphora « Quand le chantier a commencé, je n’ai pas aimé, ils ont cassé le toboggan, ils ont détruit la petite colline verte. », Sétou regrette « Ils ont détruit la grande colline où il y avait des herbes. Avant, quand il y avait la grande colline et la terre, des fois on montait dessus on jouait avec la terre. », Aïcha « Je n’ai pas aimé quand ils ont détruit les maisons à coté de chez nous. », Stella « Tout s’est transformé autour de vous ? », Diaba répond « Il n’y a que du béton. », Maëlys continue « Avant qu’ils détruisent le jardin il y avait plein de cailloux dessus. ».

Maintenant c’est la pause, les enfants choisissent un livre pour la prochaine séance et remplissent la fiche technique que leur distribue Stella. Sylvie les aide à la compléter. Nom, prénom, nombre de frères et sœurs, école…

Après les photos, le plan. Les filles y situent différents endroits du quartier avec Stella. Elles cherchent l’école, la médiathèque, le collège Rosa Luxemburg… Stella en profite pour expliquer plusieurs fois des mots de vocabulaire.

La séance touche à sa fin, les filles mettent les signets avec leur prénom dans les livres et sortent avec Stella faire un petit repérage du chantier.

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